Garibaldi

Giuseppe de son prénom...

Garibaldi est un personnage fondamental du Risorgimento italien, pour avoir personnellement conduit et combattu dans un grand nombre de campagnes militaires qui ont permis la constitution de l’Italie unifiée. Il a essayé, le plus souvent, d’agir sous l’investiture d’un pouvoir légitime, ce qui ne fait pas de lui à proprement parler un révolutionnaire : il est nommé général par le gouvernement provisoire de Milan en 1848, général de la République romaine de 1849 par le ministre de la Guerre, et c’est au nom et avec l’accord de Victor-Emmanuel II qu’il intervient lors de l’expédition des Mille.
Il est surnommé le « Héros des Deux Mondes » en raison des entreprises militaires qu'il a réalisées aussi bien en Amérique du Sud qu'en Europe, ce qui lui a valu une notoriété considérable aussi bien en Italie qu'à l'étranger. Celle-ci est due à la couverture médiatique internationale exceptionnelle dont il a bénéficié pour l'époque, et qui a relaté, parfois avec romantisme, son épopée.

Les plus grands écrivains, notamment français, Victor HugoAlexandre DumasGeorge Sand lui ont montré leur admiration.

Le Royaume-Uni et les États-Unis lui ont été d'une grande aide, lui proposant, dans les circonstances difficiles, leur soutien financier et militaire.

Républicain convaincu, il met entre parenthèses ses idées, reconnaissant l'autorité monarchique de Charles-Albert et Victor-Emmanuel II, les fédérateurs de l'action unitaire. Il s'oppose en cela à Mazzini bien qu'il ait été un de ses adeptes au début de sa vie politique. L'expédition des Mille sera l'élément culminant de son action : il conquiert le sud de la péninsule qu'il remet à Victor-Emmanuel II, le faisant roi d'Italie. Ses derniers combats destinés à intégrer Rome dans le royaume d'Italie sont des échecs. La monarchie confiera à d’autres le soin de conquérir Rome.

Garibaldi est, à l'époque, un mythe qui connaît aussi des détracteurs : le milieu réactionnaire et clérical, anti-républicain et anti-socialiste.

L'aventurier patriote

Né au sein d'une famille de marins, Giuseppe Garibaldi s'embarque sur les navires de son père dès 1822. Il découvre Constantinople et surtout Rome, qui lui laisse une profonde impression. C'est là, en 1833, qu'il rencontre et rejoint Giuseppe Mazzini. Au contact des défenseurs de la Jeune-Italie, il se dit « initié au sublime mystère de la patrie ».

Compromis dans une tentative de coup de main sur Gênes, il est condamné à mort. Il se réfugie alors à Marseille avant de partir, en décembre 1835, pour l'Amérique du Sud.

Le « héros des deux mondes »

Au cours de ses treize années d'exil, Garibaldi épouse la cause des indépendantistes. Au Brésil, il combat dans les rangs de la jeune République du Rio Grande do Sul (1836), puis en Uruguay contre le dictateur argentin Rosas (1841). En 1843, Montevideo est défendue par une Légion italienne, constituée d'exilés et d'aventuriers. Garibaldi entreprend de réorganiser cette troupe disparate et l'équipe d'un uniforme qui deviendra célèbre, la camicia rossa (« chemise rouge »). À la tête de ses Chemises rouges, le « général » Garibaldi multiplie les faits d'armes et devient en Amérique du Sud un héros populaire dont la renommée gagne le Vieux Continent.

Revenant à Nice en 1848, Garibaldi offre son aide à Charles-Albert, roi de Sardaigne. Le républicain se fait momentanément royaliste. Avec ses volontaires, il combat les Autrichiens dans le Milanais, mais sans succès. Puis, marchant sur Rome, il peut y proclamer la république en 1849. Or, Napoléon III, venu au secours du pape, en chasse Garibaldi. Pour l'aventurier italien, c'est de nouveau l'exil, à Londres, aux États-Unis, et jusqu'en Chine…

De retour en Italie en 1854, Garibaldi se met d'emblée au service du nouveau roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel II, lequel lui confie le commandement des cacciatori delle Alpi, les chasseurs alpins. À leur tête, Garibaldi s'illustre dans la guerre contre l'Autriche qui, en 1859, s'achève par le rattachement de la Lombardie au Piémont, bientôt suivi par le ralliement des duchés de Parme, de Toscane, de Modène, puis des légations de Bologne et de Ferrare. L'unité italienne est en marche ; Garibaldi veut y jouer son rôle.

Le meneur de l'expédition des Mille

Le maître d'œuvre de cette unité, Cavour, porte désormais ses regards vers le sud de l'Italie, où une révolte vient d'éclater en Sicile. Mais il ne veut pas affronter officiellement le royaume de Naples. Cette mission va échoir aux Chemises rouges de Garibaldi. De Quarto, près de Gênes, ils sont un millier de volontaires à partir pour la Sicile. Le 11 mai 1860, ils débarquent à Marsala et entament la conquête de l'île. Puis, en septembre, Garibaldi entre victorieux dans Naples. L'unité est alors presque achevée pour le compte de Victor-Emmanuel II, effectivement proclamé roi d'Italie en 1861.

Grisé par son succès, Garibaldi est résolu à faire de Rome, toujours dominée par les États de l'Église, la capitale de l'Italie. En 1862, il prend la tête – malgré l'opposition du gouvernement piémontais – de deux expéditions dans le Trentin, puis en Calabre. Il doit cependant s'avouer vaincu. Dès lors, il ne jouera plus en Italie qu'un rôle de second plan et ne sera pas au nombre de ceux qui, en septembre 1870, feront plier Rome.

L'éternel romantique

L'aventure toutefois n'est pas encore finie ; c'est en France désormais qu'elle va se prolonger, contre les Prussiens. En prenant Dijon (janvier 1871), Garibaldi remporte une des rares victoires de la jeune République. Il se trouve ensuite à Paris pendant les événements de la Commune, puis retourne en Italie. Celui qui fut présent sur tant de champs de bataille se reconvertit en homme politique. Élu député de Rome en 1874, il préside ensuite la Ligue de la paix et de la liberté à Genève.

Finalement retiré sur son île de Caprera, Garibaldi abandonne les armes pour la plume, et se consacre à la rédaction des Mémoires d'une Chemise rouge. Quand il s'éteint, sa légende de combattant des nobles causes est déjà bien installée.

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