Mafia, le dossier

L'Organisation...

La structure

La mafia est une organisation criminelle ayant un fonctionnement précis. Elle a vite compris qu'il était de rigueur d'afficher des règles strictes, et a pu se développer en instaurant des bases solides.

Au niveau des "Familles", on peut dire que la mafia a établi une hiérarchie semblable à celle des armées, c'est-à-dire en trois paliers : les "soldats" s'occupent des "petits boulots" comme par exemple les assassinats, ils sont dirigés par des capodecina, les capos qui sont chargés de faire appliquer les consignes émises par les hauts responsables.

Ces hauts responsables sont les conseillers, consigliere, qui sont souvent des juristes capables de mesurer les risques d'investissements et guider les décisions, puis au même rang, le sous-chef ou "vice-représentant" va souvent être proche du parrain.

Le parrain est, d'ailleurs, le chef suprême de la famille mafieuse : toutes les décisions proviennent de lui. C'est une personne plus qu'autoritaire et respectée de tous ses "employés".

Tout en bas de l'échelle, nous retrouvons les dealers et les bookmakers qui ne font pas partis de la famille mais dont les activités sont rendues possibles grâce à la mafia.

Les parrains

Le premier véritable « parrain » de la mafia s'appelle Vito Cascio Ferro.

Il modernise l'organisation, impose le pizzo, impôt racket à tous les commerçants.

Il raconte qu'il va « picorer » chez les commerçants comme le moineau pique son bec dans une flaque d'eau pour boire ; d'où le terme « pizzo ».

« Don Vito », comme on l'appelle, ne faillira jamais, parsemant sa vie de nombreux morts. C'est lui qui exportera la mafia aux États-Unis à la fin du XIXe siècle.

Il est la légende qui a inspiré le personnage du film Le Parrain prêtant son surnom et son prénom à Don Vito Corleone (le nom de Corleone étant emprunté au village de mafieux le plus dur qu'ait connu la Sicile : Corleone, au sud-ouest de Palerme). A noter que dans ce film, les mots «mafia» et «Cosa Nostra» ne sont absolument jamais employés. Celui qui est à l'origine de cet «oubli», Anthony Colombo est le fils de Joseph Colombo, l'un des cinq chefs de famille de la Cosa Nostra de New York. Lui s'est lui plutôt impliqué dans la lutte contre les stéréotypes et les discriminations vécues par les Italiens débarqués sur le sol américain à travers la Ligue de défense des droits civiques des Italo-Américains –une organisation un et groupe de pression fondés… par son propre père.

Les cinq familles

D’origine italienne, 5 familles ont dominé le crime organisé aux Etats-Unis. Essentiellement basées à New-york, ces familles italiennes ont fortement influencé la perception de la communauté d’immigrants italo-américains. Ces grandes familles sont encore représentées dans les villes de New York, d’Elizabeth dans le New Jersey, de Philadelphie, de Boston, de Detroit et de Chicago.

Il existe aussi des familles de la Cosa Nostra, de plus petites envergures mais qui se sont également bien implantées sur le territoire américain. Cependant, cinq familles sortent du lot et sont devenues célèbres pour leurs activités mafieuses et pour les crimes qu’elles ont commis : Genovese, Gambino, Bonanno, Colombo, Lucchese.

002.jpg
Lucky Luciano

Charles Luciano, dit « Lucky Luciano », né le 24 novembre 1897 à Lercara Friddi en Sicile (Italie) et mort le 26 janvier 1962 à Naples, est un mafieux italo-américain, né sous le nom de Salvatore Lucania.

Le magazine Time l'a classé parmi les principaux "bâtisseurs d'empire du XXe siècle : un empire du crime".

Deuxième « Capo di tutti capi » (chef de tous les chefs) après l'assassinat de Salvatore Maranzano, Luciano est considéré comme le père du crime organisé moderne aux États-Unis.

Vito Genovese

Vito Genovese était un mafieux italo-américain. Il est né à Risignano, frazione de Tufino, près de Naples en Italie en 1897, et mort dans la prison de Springfield dans le Missouri aux États-Unis en 1969. Il fut le parrain de la famille Genovese de 1957 à 1969. C'est lui qui commit l'un des meurtres qui provoqua la guerre des Castellammarese, celui de Tom Reina.

Al Capone

Alphonse Capone, (Alfonso Capone en italien) dit Al Capone, né à Brooklyn (New York) le 17 janvier 1899 et mort à Miami Beach (Floride) le 25 janvier 1947, est un des plus célèbres gangsters américains du XXe siècle. Surnommé « Scarface » (« Balafré »), il fait fortune dans le trafic d'alcool de contrebande durant la prohibition dans les années 1920.

D'origine italienne et parrain de l'Outfit de Chicago de 1925 à 1931, il est arrêté grâce à l'enquête de l'agent spécial du service d'enquête de l'Internal Revenue Service Frank J. Wilson et au juge James Herbert Wilkerson, qui le condamne le 24 octobre 1931 à 17 années de prison dont 11 ans ferme. Al Capone contribue fortement à l'émergence du système de mafia, usant de la corruption des policiers, de la justice, des figures politiques, ainsi que des menaces physiques pour éviter les témoins à charge, et n'hésitant pas à avoir recours à l'assassinat.

Personnage emblématique de l’essor du crime organisé dans les États-Unis de la prohibition, il contribue à donner au Chicago des années 1920 et 1930 sa réputation de ville sans foi ni loi. Al Capone est devenu l'archétype du gangster. Son mythe se développe avec Scarface d'Howard Hawks dès 1932, ce qui lui vaut une réputation quelque peu surfaite, la légende dépassant parfois la réalité.

Franck Costello

Frank Costello né Francesco Castiglia à Lauropoli, dans la province de Cosenza (26 janvier 189118 février 1973) est un mafieux italo-américain de New York qui s'est élevé au plus haut de la hiérarchie de la Cosa nostra aux États-Unis, capo di tutti capi. Il fut le parrain de la Famille Luciano. Il fut surnommé le Premier ministre du crime en raison de sa volonté de préserver la paix face à la guerre et également du fait de ses relations politiques. Il est incontestablement l'un des mafieux les plus respectés et influents de toute l'histoire de la Mafia. Il est également connu pour avoir fortement inspiré le personnage de Vito Corleone, le Don de la famille Corleone dans la trilogie Le Parrain

006.jpg
008.jpg
John Gotti

John Gotti (27 octobre 1940, Bronx, New York10 juin 2002) (surnommé The Dapper Don et The Teflon Don ou Johnny Boy dans sa jeunesse), était un gangster américain d'origine Italienne qui fut parrain de la Famille Gambino, l'une des Cinq familles de New York de la mafia américaine.

Gotti et ses frères grandissent dans la pauvreté et se tournent vers la vie criminelle très jeunes. Il opère dans le quartier d'Ozone Park, dans l'arrondissement de Queens à New York. Il est remarqué par Carlo Gambino après avoir vengé l'enlèvement du neveu du capo di tutti capi. Gotti devient rapidement un des membres les plus rentables de la famille Gambino et protégé du sous-boss Aniello Dellacroce.

Après la mise en examen de plusieurs membres de son équipe pour vente de stupéfiants, Gotti prend de la distance avec la famille Gambino. De peur que lui et son équipe ne soient tués pour avoir bravé l'interdit édicté par le parrain Paul Castellano de vente de drogue, Gotti organise l'assassinat de ce dernier, qui a lieu le 16 décembre 1985, et prend par la suite le contrôle de la famille. De fait, Gotti devient un des parrains les plus puissants du crime organisé américain, faisant des centaines de millions de dollars de bénéfice dans les domaines de la construction, du vol de camions, des prêts à taux usuraire, des paris, de l'extorsion et autres activités criminelles. Gotti commence alors à attirer l'attention des médias par sa personnalité excessive et son style flamboyant, qui lui valent la plupart du temps les faveurs du public. Alors que ses pairs cherchent à vivre de manière très discrète et fuient particulièrement les médias, Gotti gagne le surnom de « The Dapper Don » (le Don soigné) pour ses costumes sur mesure très chers et le fait qu'il s'affiche dans les médias comme aucun autre parrain ne l'avait fait auparavant. Plus tard, il gagne le surnom de « The Teflon Don » (le Don en téflon) après ses acquittements à la suite de trois procès extrêmement médiatisés. Il sera plus tard révélé que les différents verdicts étaient le résultat de corruption du jury et d'intimidation des témoins. Mais les forces de l'ordre ne se laissent pas impressionner par son style ou sa réputation et elles continuent à rassembler des preuves contre lui, qui le mèneront à sa perte.

En 1992, il est trahi par son consigliere Sammy the Bull Gravano et transmet alors le pouvoir à son fils John Gotti, Jr. jusqu'en 1999, puis à son frère Peter jusqu'en 2002, date de sa mort, d'un cancer de la gorge, en prison. Selon l'ancien parrain de la famille Lucchese, Anthony Casso dit Gaspipe « Ce que John Gotti a fait, c'est le début de la fin de Cosa Nostra ».

Bernardo Provenzano

Bernardo Provenzano (31 janvier 1933 à Corleone en Sicile - 13 juillet 2016 à Milan1) est un criminel italien, membre dirigeant de la mafia sicilienne Cosa Nostra, surnommé « Le tracteur », puis « Le Comptable ».

Il entre dans la clandestinité en 1963 pour être arrêté en 2006, soit une cavale de près de 43 ans. Durant cette période, il devient le bras-droit de Toto Riina et ils prennent l'ascendant sur les familles palermitaines durant la seconde guerre de la mafia dans les années 1980. Lorsque Riina est arrêté en 1993, Provenzano devient Capo di tutti capi (Chef de tous les chefs) de Cosa Nostra. Sous son règne, Cosa Nostra cesse les attentats et les meurtres spectaculaires et se fait discrète pour se recentrer sur des activités plus lucratives.

010.jpg
Toto Riina

Salvatore Riina (né le 16 novembre 1930 à Corleone et mort le 17 novembre 2017 à Parme), également connu sous le nom de Totò Riina et surnommé Totò u curtu « Toto le petit » en dialecte sicilien, pour sa petite taille (158 cm) ou La belva « Le fauve », pour sa férocité, est un des membres les plus influents de la mafia sicilienne (Cosa nostra).

Au cours de sa carrière criminelle, il a personnellement tué environ quarante personnes et est soupçonné d'avoir commandité les meurtres de 110 autres1. Pendant les années 1980 et le début des années 1990, Riina et sa famille mafieuse, les Corleonesi, ont mené une impitoyable campagne de violence contre les truands rivaux et l'État italien avec l'assassinat des juges antimafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino à deux mois d'écart en 1992. Cette terreur répandue dans la population par la mafia a entraîné des mesures fermes des autorités, menant à la capture et à l'emprisonnement de Riina et de plusieurs de ses associés.

Capturé en 1993, condamné à perpétuité, il meurt d’un cancer en 2017 après avoir suscité l’émoi dans l’opinion publique quand sa possible libération fut évoquée pour raison de santé.

Cette alliance scellée avec les américains à l’hôtel des Palmes de Palerme change le destin de la mafia sicilienne. Plus organisée, elle décuple aussi ses revenus ; fini la mafia des campagnes. Désormais la pègre sicilienne investi dans les villes, s’insinue dans de nouveau secteurs notamment le bâtiment.

C’est la première tentative de la mafia pour devenir des entrepreneurs. Et pourquoi peuvent-ils investir dans la construction et qu’avant ils n’avaient pas cette ambition ? Parce qu’ils n’avaient pas de fonds. La drogue leur donne du cash, la trésorerie nécessaire pour pouvoir investir. Et c’est comme ça qu’ils deviennent des « bâtisseurs ». De là la fameuse phrase des mafieux et des politiciens de l’époque « Palerme est belle, rendons la encore plus belle ».

Palerme change de visage. Les spéculateurs mafieux remplacent les splendides villas de style liberty par des barres d’immeubles plus lucratives construites à la va vite, sans respect des normes. On y oublie parfois l’installation de système d’égouts. En quelques mois, les murs s’effritent et des balcons s’effondrent. En moins de dix ans, la ville est défigurée. Cet épisode honteux a été surnommé « le sac de Palerme ».

On lit dans les textes de l’accompagnement du plan régulateur « il faut abolir cette honteuse construction du passé. » Et on entendait par là la suppression d’églises, de momuments, de places et de palais. Et si quelqu’un émettait une objection on répondait en citant Haussman et les boulevards de Paris pour justifier l’abattement des palais et la construction de grands boulevards.

Les grandes familles mafieuses de Palerme qui se partagent les grands intérêts spéculatifs de l’époque commencent à créer des liens très forts avec les politiques. Et ils vont créer tout un circuit économique fait de constructeurs, de travailleurs qualifiés et de fournisseurs, tout un monde qui se créé autour de ça.

Et la corruption atteint les plus hauts niveaux de l’administration locale. On dit ainsi que en une seule nuit, la mairie de Palerme aurait délivré plus de 4000 permis de construire.

Il ne faut pas oublier que, à l’époque, Palerme avait tendance à nier l’existence de la mafia. Le maire de Palerme disait « la mafia, ce sont juste deux ou trois gamins qui volent des stéréos dans les voitures. Qu’est ce que c’est cette mafia ? C’est un terme qu’on a inventé pour nuire à la Sicile. ». Le cardinal de Palerme lui disait « mais non la mafia ça n’existe pas ». Et ça, c’est une stratégie de la mafia. Nier l’existence même de la mafia.

C’est l’époque du règne du boss Stefano Bontate surnommé « le Prince de VillaGrazia » du nom de son quartier d’origine. Il fréquente à rang égale, ecclésiastiques, politiciens et homme d’affaires dans les beaux salons de Palerme.

Bontate, c’était l’homme de la médiation avec la politique. Il avait comme devise « mange et fais manger ». Il faisait des affaires avec les hommes d’affaires et avec les politiques, mais cet enrichissement devait profiter au petit peuple.C’est de là que nait le consensus.

La mafia se mêlait de tout. Ils intervenaient aussi quand il y avait une dispute entre deux conjoints. Le couple n’allait pas voir les gendarmes mais ils allaient voir le mafieux. Donc le mafieux jouait le rôle de juge de paix mais aussi quand on avait besoin de trouver un traval. Tout le monde savait à qui il fallait s’adresser. C’était ça la mafia.

Et c’est pour ça que lorsque certains en parlent, ils en parlent en bien.

Mais malgré sa respectabilité de façade, la mafia de l’époque reste une organisation criminelle qui supprime tout ceux qui tentent de la contrer.

 

Aux Etats-Unis en 1960, l’élection de John Kennedy semble changer la donne pour la mafia américaine.

Ayant nommé son frère Robert au plus haut poste, celui de procureur général du pays, celui-ci, sachant qu’il y avait connivence entre la mafia et les syndicat, a ouvert une enquête.

Il a forcé le FBI a prendre des mesures contre la mafia car jusque là Hoover n’avait jamais voulu s’y attaquer.

Dix ans après la première enquête sénatoriale, la commission cette fois soutenue par le FBI s’avère fructueuse. La participation d’un mafieux a permis d’obtenir la preuve que l’organisation existait. Il a donné des informations quand aux cérémonies d’initiation, de l’organigramme etc. Il a dressé un portrait intime de la mafia américaine.

Il n’était plus possible de nier son existence.

C’était une grande victoire pour Bobby Kennedy. Mais quand son frère fut assassiné en 1963, il a démissionné de son poste de procureur général pour pouvoir contrer Lindon Johnson.

 

A partir de là la justice n’a plus rien fait. De nouveau la mafia avait trouvé refuge, et son âge d’or s’est poursuivi.

giovanni brusca.jpg

© 2018 by Passione-Italiana

Instrumental Terra Incognita - Zucchero
00:00 / 00:00
  • Facebook