Mafia, le dossier

Les juges anti-mafia

Il y a de nombreux juges anti-mafia. Certains sont plus connus que d'autres grâce a leurs contributions qui ont permis d'arrêter de nombreux mafieux. Certains sont entrés dans la légende de la lutte contre la mafia. C’est le cas des deux plus connus, Giovanni Falcone et Paolo Borsellino.

Aujourd’hui, certains continuent courageusement et sans relâche, au péril de leur vie et contraint de vivre sous escorte policière, la tâche immense laissée par leurs prédécesseurs.

Respects pour ces juges qui savent, à l’instar de Giovanni Falcone, que « le lâche meurt plusieurs fois par jour, l’homme courageux ne meurt qu’une fois ».

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Cesare Terranova

Pionnier de la lutte antimafia en Sicile, le juge Terranova fut une figure de proue de l’acte d’accusation du massacre de Cacciuli, faisant suite à la première guerre de la mafia qui se déroula de décembre 1962 au 30 juin 1963.

Là, l’état ne peut plus se bercer du fameux «tant qu’ils se tuent entre eux» qui permettait de tranquilliser l’opinion bourgeoise.

Une commission d’enquête parlementaire est mise sur pied.

Les instructions menées par Terranova vont bouleverser les organigrammes, provoquant la dissolution de la « Coupole » , la fameuse commission mafieuse et entraînent la paralysie de la mafia. Quelques  prévenus furent condamnés, mais la plus grande partie fut acquittéé pour insuffisance de preuve et ceux qui furent condamnés à de courtes peines ressortirent libres du tribunal après avoir purgé leur peine en détention préventive. 

La déception est grande pour le juge Terranova.

Cependant, au cours de ses instructions, Cesare Terranova fut l’un des premiers à reconnaître l’existence d’un gouvernement au sein de Cosa nostra. Il indiquera dans un de ses verdicts que la mafia n’est pas un concept abstrait ni un état d’esprit, mais bel et bien une criminalité organisée, efficace et dangereuse, fonctionnant en agrégats, en groupes, en familles ou mieux encore en «Cosca».

Il ajoutera qu’il existe une seule mafia, ni vieille ni jeune, ni bonne ni mauvaise. Il appuie ses dires en déclarant haut et fort que la mafia n'est pas un mythe comme certains essayent de le faire croire à cette époque, mais qu’il s’agit bel et bien d’une association criminelle.

Il a également mené des enquêtes sur les liens existant entre la mafia et le monde politique. Il soupçonnait l’homme politique Salvatore Lima, alors maire de Palerme, d’être de mèche avec un certain nombre de mafieux, y compris Angelo La Barbera. Ce qui se révéla exact quelques années plus tard.

Le juge Terranova n’avait jamais caché son ambition de faire coffrer le chef des Corleonais Luciano Leggio.

Au cours d’un interrogatoire, Luciano Leggio refusa de répondre aux questions du juge Cesare Terranova. Il poussa l’arrogance en disant au magistrat qu’il ne se souvenait même plus du nom de ses parents. Loin de se décontenancer, Terranova demanda au greffier:

«Écrivez que Luciano Leggio ne sait pas de qui il est le fils».

Cette petite phrase rendit Leggio totalement fou de rage et depuis ce jour, il ressentit une haine profonde envers le magistrat qui relata sa réaction:.ribuna.

Cesare Terranova devint secrétaire de la Commission antimafia créé en 1963 à la suite du massacre de Ciaculli. L' Attentat de Ciaculli est une tentative, menée par Michele Catavaio et Angelo La Barbera, le 30 juin 1963, d'éliminer Salvatore Greco après qu'il eut enlevé et tué Salvatore Barbera, patron de la famille palermitaine de l'Acquasanta : ce qui déclencha la première guerre des mafias .

La bombe, en explosant, tua sept carabiniers.

En 1976, Cesare Terranova et le député communiste Pio La Torre rédigent un rapport minoritaire de la Commission antimafia. Ce document soulignait les liens existants entre la mafia et des politiciens de premier plan, en particulier de la démocrate-chrétienne (DC).

En juin 1979, il demanda sa réintégration à la magistrature au sein du bureau d’instruction de Palerme, bien décidé à combattre la mafia et l’amener devant les tribunaux. Il dira à sa femme très angoissée par son choix «Ne t’inquiète pas. La mafia ne s’attaquera jamais à un juge.»

Luciano Leggio est condamné avec sursis, car reconnu du bout des lèvres par le jury coupable d’un vol de céréales commis en 1948. Notons que les juges et les procureurs avaient reçu à un rythme régulier des lettres anonymes les menaçant de mort. Salvatore Riina, successeur de Leggio, sera également acquitté lors de ce procès.

C’est depuis sa prison que Luciano Leggio ordonna en 1974 le meurtre du juge Terranova comme une vengeance à l’outrage subit lors de son interrogatoire dans les années soixante. La coupole de la mafia accepta à condition que ce dernier soit assassiné à Rome et non pas en Sicile. 

Le 25 septembre 1979, à 8 h 30 du matin, Cesare Terranova fut tué devant sa maison située dans un quartier résidentiel de Palerme. Cosa nostra exhibait sauvagement sa puissance.

Le message était clair.

Rocco Chinnici

Rocco Chinnici, est un magistrat italien anti-mafia

En 1980, après les assassinats par Cosa Nostra du capitaine des carabiniers Emanuele Basile et du procureur Gaetano Costa son ami, avec qui il avait partagé les enquêtes sur la mafia, Rocco Chinnici, conscient de l'isolement des serviteurs de l'Etat exposés et vulnérables, en particulier de celui des juges et des policiers, a eu l'idée décide de créer une cellule composée de juges qui seraient spécialisés dans les enquêtes complexes liées à la mafia, le « Pool anti-mafia »

Cette décision donna un tournant décisif dans la lutte contre la mafia. 

De jeunes juges ont rejoint cette équipe, et notamment Giovanni Falcone et Paolo Borsellino.

Chinnici a déclaré dans une interview:

« Ma fierté particulière est une déclaration des Américains que le Bureau de l'éducation de Palerme est un centre pilote de la lutte anti-mafia, un exemple pour les autres tribunaux de l'Italie. Le Bureau des magistrats d'éducation sont un groupe compact, actif et combatif ».

Le premier grand procès de Cosa Nostra, le maxi-procès de Palerme, est en fait le fruit d'un travail préliminaire effectué par « Chinn ».

Le 29 juillet 1983, un attentat à la voiture piégée à Palerme provoque la mort de Rocco Chinnici, de deux de ses gardes du corpsMario Trapassi et Salvatore Bartolotta, et du concierge de l'immeuble de son appartement, Stefano Li Sacchi, qui quittait son domicile pour aller travailler. La bombe a été déclenchée par le célèbre assassin de la mafia Pino Greco, sur les ordres de son oncle Michele Greco. Michele Greco a par la suite été condamné à l'emprisonnement à vie pour avoir commandité, sous les ordres de Salvatore Riina, l'assassinat de Rocco Chinnici.

Rocco Chinnici est remplacé en tant que Procureur en Chef par Antonino Caponnetto.

Antonino Caponnetto 

Caponnetto est un magistrat italien, connu pour avoir dirigé de 1984 à 1990 le Pool antimafia créé par Rocco Chinnici en 1980.

Il a pris la place après l'assassinat du juge Chinnici en novembre 1983.

Il s'est entouré de Giovanni Falcone et Paolo BorsellinoGioacchino NatoliGiuseppe Di Lello et Leonardo Guarnotta.

Leur activité a conduit à l'arrestation de plus de 400 criminels liés à la Cosa nostra, aboutissant au Maxi-Procès de Palerme à partir du 10 février 1986.

Il est considéré comme l'un des héros emblématiques de la lutte contre le crime organisé italien.

Entré dans la magistrature en 1954, il obtient sa première affectation comme préteur à Prato de la Cour constitutionnelle. Sa carrière prend un tournant en 1983 lorsqu'il est transféré à Palerme après le meurtre de Rocco Chinnici, chef du bureau de l'éducation de Palerme. Ainsi commença cinq ans de lutte et de satisfactions professionnelles.

Suivant la stratégie étudiée par le bureau de l'éducation de Turin, où Gian Carlo Caselli travaillait pour la lutte contre le terrorisme et poursuivant le travail de Rocco Chinnici, il gère en 1984 un groupe de magistrats qui a pour mission de s'occuper exclusivement de la lutte contre la mafia. Le Pool a instruit le premier grand procès contre la mafia et a utilisé les déclarations de repentir, comme avec Tommaso Buscetta.

Lorsqu'il a décidé de quitter Palerme pour retourner à Florence, il a indiqué son successeur, Giovanni Falcone. Le conseil supérieur de la magistrature lui a préféré Antonino Meli, et Caponnetto n'a jamais caché sa forte amertume pour cette décision, en raison, selon ses propres mots, de cinq honteuses et meurtrières, abstentions et deux votes majoritaires "cinque vergognose, letali, astensioni e due voti di maggioranza", réitérant plus tard également les propos de Paolo Borsellino à cet égard, qui a parlé de Judas présent parmi ceux qui ont pris la décision.

Il a mis fin à sa carrière en 1990 et a dû assister d'abord à la mort de Falcone suivie peu après par celle de Borsellino, assassinés par la mafia.

Son commentaire « Tout est fini! » «È finito tutto!» est devenu célèbre peu de temps après le massacre de via d'Amelio serrant la main du journaliste qui a posé la question. Il a regretté ce commentaire immédiatement, comme il l'a expliqué peu après aux citoyens lors des funérailles de Paolo Borsellino puis dans une interview avec Gianni Minà en 1996 lors de la transmission Storie  :

« Ce fut un moment particulier, de consternation, de désespoir. Je venais de sortir de la morgue où j'avais embrassé pour la dernière fois le front encore noirci de Paolo. Mon moment de défaillance est donc humainement compréhensible, peut-être pas excusable, mais compréhensible. À ce moment-là, j'aurais dû - j'avais l’obligation, peut-être, et j'aurais dû ressentir cette obligation - de récupérer le flambeau qui était tombé des mains de Paolo et donner du courage, insuffler la confiance en chacun. Au lieu de cela, ce sont les jeunes de Palerme qui m'ont donné du courage, que j'ai trouvé après quelques minutes sur la place du palais de justice. Ils se sont blottis autour de moi avec colère, avec douleur, avec détermination, avec confiance, avec espoir. Et alors j'ai compris à quel point je m’était trompé en prononçant ces mots et combien je devais travailler pour les faire pardonner : je travaillais pour continuer l’oeuvre de Giovanni et de Paolo ».

Depuis lors, au lieu de prendre sa retraite, il a commencé inlassablement un voyage dans les écoles et les places à travers toute l'Italie pour dire, en particulier aux jeunes, qui étaient Falcone et Borsellino et leurs efforts contre la mafia. Caponnetto est intervenu dans des centaines d'écoles, devenant un témoin de l'éthique de la politique et de la vie civile, de la justice et de la légalité.

Giovani Falcone 

Giovanni Salvatore Augusto Falcone, est un juge italien engagé dans la lutte antimafia et assassiné sur ordre de Toto Riina, chef du clan des Corleonesi, eux-mêmes faisant partie de Cosa nostra.

Après de brillantes études de droit à Palerme, il devient magistrat en 1964 et commence sa carrière en tant que magistrat instructeur spécialisé dans les liquidations judiciaires avant de s'orienter vers le pénal.

C'est en dépouillant d’obscurs dossiers financiers qu'il découvre le monde du grand banditisme qu'est celui de Cosa nostra et qu'il affine ce qu’on appellera plus tard la « méthode Falcone ». Procureur adjoint au tribunal de Trapani, il est transféré en 1978 à Palerme où il devient juge d'instruction.

En 1979, après l'assassinat du juge Cesare Terranova, qui a mené sans succès un procès contre certains dirigeants mafieux dans lequel tous ont été acquittés, Falcone rentre alors au sein du « pool antimafia" du parquet de Palerme créé par le juge Rocco Chinnici. Ce magistrat est assassiné dans un attentat à la voiture piégée le 29 juillet 1983 aux premières heures de la matinée, en plein centre de Palerme. C'est d'ailleurs la première fois que Cosa nostra utilise cette méthode pour atteindre un magistrat. Les deux carabiniers chargés de son escorte et le concierge de l'immeuble sont tués eux aussi.

Le « pool antimafia » obtient rapidement un succès important et inespéré en 1984 en recueillant le témoignage de l'un des plus importants repentis de Cosa nostraTommaso Buscetta dit « Don Masino » ou « le boss des deux mondes ». Sur la base de son témoignage, Giovanni Falcone ouvre en 1986 le Maxi-Procès de Palerme dont il est l'instigateur avec son ami le juge Paolo Borsellino.

Le 16 décembre 1987 restera comme la date de la fin du Maxi-Procès et formalise l'existence de l’« association de malfaiteurs de type mafieux » en Italie.

Falcone demande des moyens supplémentaires pour poursuivre la lutte antimafia mais les décisions se font attendre. En janvier 1988, le Conseil supérieur de la magistrature nomme Antonino Meli chef du bureau d'instruction au tribunal de Palerme, poste auquel Falcone postule. Meli est farouchement opposé au « pool antimafia » créé en 1983 par le juge Antonino Caponnetto et est un adversaire de Falcone que Caponnetto avait désigné comme son successeur.

Le 30 juillet 1988, le juge Falcone expédie au Conseil supérieur de la magistrature une lettre de quatre pages dans laquelle il se dit écœuré par le laxisme de la police et des pouvoirs politiques et demande sa mutation dans une autre région, comme huit autres de ses collègues.

Le 13 mars 1991, Falcone est nommé directeur des Affaires pénales du ministère de la Justice, à Rome, où il centralise la lutte antimafia.

Le juge devient un héros et un symbole célébré partout en Italie, malgré le fait que certains personnages de la classe politique de l'époque cherchent à le discréditer depuis 1989 et la triste « stagione dei veleni », « période des venins », lorsque certains affirmèrent que Giovanni Falcone avait organisé lui-même un attentat contre sa personne pour se faire de la publicité.

Il devient également l'ennemi numéro 1 de Cosa nostra qui fait de lui sa cible principale.

Sous la forte menace d'attentat, et délaissé par une partie de la classe politique, Falcone est contraint de vivre 24 heures sur 24 accompagné d'une escorte importante. Lors du Maxi-Procès, ce ne sont pas moins de 70 hommes qui sont chargés d'assurer sa sécurité. Il en choisit huit chaque jour, qu'il désigne au dernier moment.

Le dispositif d'escorte n'est pas suffisant pour protéger Giovanni Falcone, et le 23 mai 1992, il est assassiné par Cosa nostra dans ce qu'on appelle le « massacre de Capaci ». Les membres de Cosa nostra placent 600 kilos d'explosifs destinés à piéger Giovanni Falcone dans un tunnel d'évacuation des eaux situé sous l'autoroute reliant l'aéroport de Punta Raisi à Palerme.

Le juge, se trouvant dans la voiture du milieu d'un cortège de trois Fiat Croma blindées, meurt avec sa femme Francesca Morvillo, elle-même juge, ainsi que les trois gardes du corps du premier véhicule, Vito Schifani, Rocco Di Cillo et Antonio Montinaro.

Cet attentat est une réponse à la volonté de Giovanni Falcone de vouloir mettre sur pied une brigade antimafia, une sorte de FBI italien.

L'assassinat du juge, commandité par Toto Riina, est déclenché par une télécommande actionnée par Giovanni Brusca, sous le signal de Gioacchino La Barbera, comme le révèle leur procès en février 1995.

Cosa nostra aurait reçu l'appui d'un expert en explosifs envoyé par John Gotti, parrain new-yorkais de la famille Gambino.

Giovanni Falcone est inhumé au cimetière de Sant'Orsola à Palerme, avant d'être transféré le 3 juin 2015 dans l'église san Domenico qui abrite un panthéon des célébrités siciliennes.

De nombreuses écoles et un grand nombre de bâtiments publics portent aujourd'hui son nom, parmi lesquels l'aéroport international de Palerme connu sous le nom d'« aéroport Falcone-Borsellino ». 

L'annonce de son assassinat suscite une forte émotion dans toute l'Italie. Des palermitains se rassemblent spontanément autour du magnolia devant sa maison, arbre qui deviendra symbole de la cause antimafia, et même une sorte d'autel civique. Des témoignages écrits affluent, des dons, tels des gâteaux, des fleurs, des bijoux, remplissent le parterre autour de l'arbre, dès le jour du massacre. Au fil du temps, l'arbre devient un lieu de pèlerinage, et le juge devient presque un saint, en tous les cas un martyr de la justice, la lutte contre la mafia prenant des aspects religieux. La dévotion autour du souvenir du juge se calque sur les pratiques catholiques, reprenant celles faites autour de la mémoire de Sainte Rosalie, la patronne de Palerme.

De plus en plus nombreux, les Palermitains envisagent de briser la loi du silence qui protège la mafia. De même que Sainte Rosalie, le juge Falcone devient un médiateur entre la terre et le ciel, pour les aider dans leur lutte. Des lettres personnelles lui sont adressées, comme s'il pouvait les lire dans les cieux. La mafia continuant sa politique de violence, le juge devient une sorte d'ancêtre, celui de la lignée des martyrs de la justice, le magnolia faisant symbole d'arbre généalogique, chaque assassinat étant l'occasion de relancer la mémoire du juge.

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Paolo Borsellino 

Paolo Borsellino né le 19 janvier 1940 à PalermeSicile était un juge antimafia italien. Il est le frère de Rita Borsellino, militante antimafia et ancienne présidente de Libera.

Paolo Borsellino effectue ses études de droit à l'université de Palerme, dont il sort brillamment diplômé en 1962. Reçu au concours national de la Magistrature en 1963, il exerce dans plusieurs villes siciliennes. Après son mariage en 1968, il est muté à Palerme en 1975 avec Rocco Chinnici, où il s'attelle à combattre la Mafia sicilienne.

Il porte à son actif l'arrestation de 6 membres de l'organisation en 1980 ; la même année, un de ses proches, le capitaine des Carabiniers Emanuele Basile, est assassiné par la Mafia.

À la suite de cet événement, il se voit accorder une protection policière.

Travaillant avec les juges Giovanni Falcone et Rocco ChinniciBorsellino continue son enquête sur la Mafia et ses liens avec le pouvoir politique et économique sicilien et italien. En 1986, Borsellino devient procureur en chef de Marsala, principale ville de la province de Trapani, où il poursuit son travail antimafia.

Ses liens avec Giovanni Falcone, resté à Palerme, lui permettent d'enquêter dans toute la Sicile occidentale.

En 1987, après la démission de Caponnetto pour raisons de santé, Borsellino participe au mouvement de protestation après l'échec de la nomination de son ami Giovanni Falcone à la tête du réseau antimafia.

Le 19 juillet 1992, après cinq ans de lutte contre la Mafia, le juge Borsellino est tué dans l'explosion d'une voiture piégée Via D'Amelio, à Palerme, moins de deux mois après la mort de son ami et collègue Falcone. L'explosion tue également les cinq policiers composant son escorte, Agostino Catalano, Walter Cosina, Emanuela Loi, Vincenzo Li Muli et Claudio Traina.

Salvatore "Toto" Riina, le chef de la famille mafieuse des Corleone, reconnu coupable a purgé une peine de prison à perpétuité pour avoir ordonné les assassinats des juges Borsellino et Falcone, ainsi que pour de multiples autres meurtres. 

Gaspare Spatuzza a également été condamné dans cette affaire, après avoir avoué avoir volé la Fiat ayant servi à l'attentat.

Paolo Borsellino est aujourd'hui considéré comme l'un des juges les plus importants assassinés par la Mafia sicilienne durant les années 1980 et 1990. Il demeure l'un des symboles de la lutte de l'État italien contre le crime organisé. De nombreuses écoles et bâtiments publics portent son nom, parmi lesquels l'aéroport international de Palerme, aujourd'hui connu sous le nom d'Aéroport Falcone-Borsellino.

On peut y voir un monument à sa mémoire par le sculpteur sicilien Tommaso Geraci.

Le combat pour la justice était pour Borsellino une mission de foi chrétienne c'est pourquoi il fait partie des martyrs du XXe siècle cités par l'église catholique.

Le Pape Jean-Paul II invoquera sa mémoire lorsqu'il lancera officiellement l'anathème contre la mafia, lors de son voyage en Sicile.

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